L’épuisement du dirigeant qui décide sans repère intérieur

L’épuisement du dirigeant qui décide sans repère intérieur

Cet homme a une équipe qui tourne, les chiffres sont dans le vert, rien ne cloche sur le papier, et pourtant il est épuisé d’une façon que ni lui ni moi n’arrivons à nommer au début.

Ce n’est pas le genre d’épuisement qu’on repère facilement, pas le visage cerné, pas le dos qui lâche. Quelque chose de plus intérieur, de plus diffus, quelque chose qui s’est vidé doucement, sans qu’il ait vu venir.

L’épuisement invisible.

Ce que je finis par voir, c’est qu’il décide en permanence. D’ailleurs c’est son métier. Un dirigeant est à l’arbitrage, des dizaines de fois par jour. Mais sans savoir vraiment ce qui guide ses choix. Ce qui comptait pour lui s’est dilué dans l’urgence et les injonctions. Il décide vite, il décide bien techniquement, mais il ne sait plus vraiment pourquoi dans un sens plutôt que dans l’autre.

Et en dessous, le vide.

Il s’est construit une posture tellement solide que plus personne, y compris lui, ne sait ce qu’il pense vraiment. Et il n’a plus aucun espace pour penser à froid, pas de recul, pas d’interlocuteur à qui « parler vrai » comme il dit. Chaque décision arrive avant que la précédente soit digérée.

L’épuisement ne vient pas de son planning. Il vient de diriger sans repère intérieur stable.

 

1148 1148 Laurent Castelot
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