Il sent tout quand il court. Moins quand il dirige.

Il court depuis des années. Il connaît son souffle, le moment où il faut ralentir et celui où il peut encore pousser. Il sait lire un dénivelé avant de le sentir dans les jambes. Il m’en parle avec précision. Je lui parle de ressenti physiologique au quotidien et il me rebranche sur ses runs : il a répertorié ses sensations, il sait entendre les signaux avant le fréquencemètre.

Dans son quotidien pro, rien de tout ça. Il enchaîne, il arbitre, il découvre sa fatigue le vendredi soir. Comme si l’homme qui court et celui qui dirige ne s’étaient jamais croisés.

Marcher plutôt que s’asseoir

Une partie des séances se passe dehors. On marche, parfois en silence, attentifs au pas, à la respiration, au sol. Au début il trouve ça trop lent, puis l’exercice devient agréable. Il ne fait pas facilement le lien avec son objectif de se positionner autrement au sein du CODIR.

Puis, en marchant, il évoque un comité tendu. Et il s’arrête de marcher. Sa respiration a changé. Je n’ai pas eu besoin de le lui dire : il l’a senti, exactement comme en course quand le rythme devient intenable. Son sourire à ce moment exact dit tout

Corps et leadership

Il n’a rien appris à son corps. Il a ouvert une porte entre deux parties de sa vie qui ne communiquaient pas. Ses signaux, il les connaissait. Il ne les croyait simplement pas valables au travail. Depuis, en réunion, il repère le moment où son souffle se raccourcit. Il entend l’alarme, et c’est une information. Il sait désormais quoi en faire.

Son corps savait déjà. Maintenant il l’emmène au travail.

1080 1080 Laurent Castelot
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