Il veut plaire aux deux camps. Il perd les deux.

Prise de poste au CODIR : quand le changement de rôle ne se fait pas vraiment

Il vient d’accéder au comité de direction. Profil solide, reconnu, promu pour de bonnes raisons. Et pourtant quelque chose sonne faux : pas dans ses compétences, dans son positionnement.

En réunion de codir, son téléphone vibre. C’est son ancienne équipe, celle qu’il manageait encore il y a peu, et qu’il n’a pas vraiment quittée intérieurement. Il répond entre deux points à l’ordre du jour. Il temporise. Mesure chaque prise de parole. Se fait très discret dès qu’un sujet sort de son périmètre. Et dans le même temps, il continue de gérer son ancienne équipe avec une proximité excessive, dans les détails, dans le quotidien, disponible comme avant, peut-être même plus qu’avant.

Deux rôles. Deux loyautés. Aucun des deux vraiment habité.

Il ne veut pas leur ressembler

Les autres membres du codir, il les observe depuis des années avec une certaine distance critique. Accéder à la table, c’ést bien. Mais y prendre sa place vraiment : contribuer, peser, arbitrer, c’est risquer de trahir ce qu’il a été. Et ceux dont il est issu.

Alors il reste entre les deux. Assez présent au codir pour y être légitime. Assez proche de ceux qu’il dirigeait pour ne pas vraiment les perdre.

Ce que personne ne lui a dit

Il commence à le comprendre. Qu’on n’entre pas dans une instance en y siégeant. Qu’il faudra accepter de ne plus être ailleurs.

Il siège au codir. Mais intérieurement, il demande encore la permission.

1080 1080 Laurent Castelot
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